samedi, octobre 08, 2005

Après 10 mois d'absence...

10 mois déjà depuis mon dernier message !

10 mois de galère en fait, à me bagarrer avec des algues filamenteuses (après les algues unicellulaires donnant «l’eau verte»). Une véritable prolifération au point d’en retirer des poignées chaque semaine... Et avec des conséquences sur mes plantations et mes poissons...

Je me suis finalement décidé à agir un grand coup à la fin de l’été, en enlevant la grosse racine, en nettoyant à fond l’autre, en retirant les plantes les plus touchées et en nettoyant toutes les autres. J’ai remis du sable, racheté des plantes à croissance très rapide, mis un peu d’engrais, et le bac commence à avoir meilleure allure... tout en restant très éloigné de mes ambitions initiales ! ;)


07 octobre 2005 : un "nouveau" bac


Encore une fois, je cherche les causes pour pouvoir agir.
On parle souvent de trop de nitrates et/ou de phosphates (mais ce n’est pas mon cas : j’ai acheté beaucoup de tests pour découvrir que mon taux de nitrates est à 0 en fait, ainsi que mon taux de phosphates), ou d’un déséquilibre entre les deux taux (le rapport optimal serait de 10 contre 1).
Dans mon cas, je pense que l’éclairage est en cause, sa puissance et sa durée. La mise en place d’un T5 supplémentaire semble avoir été la source des algues dans les deux cas (alors qu’il me permettait d’atteindre la fameuse « règle » du 1W pour 2L). Je suis passé d’un éclairage de 12h-T8+12h-T5 à12h-T8+6h-T5 pour contrer l’eau verte, et maintenant seulement 10h-T8.
Par ailleurs, j’émets l’hypothèse que les racines (certaines ?) favorisent les algues, sans en être forcément la cause.

Pour l’instant, les algues filamenteuses sont toujours présentes mais en toute petite quantité et elles ne prolifèrent plus, voire même elles se résorbent. Elles sont donc combattues par un éclairage moins fort, des plantes à croissance très rapide, certaines étant même réputées pour produire des substances anti-algues.

A noter que les plantes poussent très bien avec cet éclairage. Il est vrai que j’utilise par ailleurs de l’engrais, du CO2, du fer, dont l’impact sur la pousse des plantes semble donc plus important que celui de l’éclairage, et sans effet négatif comme les algues. A suivre pour valider...

Quelques plantes « anti-algues » (site de Tropica) :
- Ceratophyllum demersum
- Ceratopteris thalictroides
- Egeria densa (Elodée)
- Gymnocoronis spilanthoides (mais ne pousse pas très bien dans mon bac)

En revanche, j'ai suivi le conseil de beaucoup d'aquariophiles : ne pas utiliser de produits prétendus miracles contre les algues ! Ils sont souvent inefficaces... ou trop efficaces !

dimanche, décembre 05, 2004

Eau trouble : fin !

Désolé pour ce long silence dû à quelques ennuis personnels...

Bonne nouvelle cependant du côté de l’aqua : mon eau est redevenue claire !
Le traitement par le noir avait eu un effet important sur la purée de pois initiale (problème de l’eau verte). Mais j’étais encore loin d’une clarté d’eau normale.


02/11/2004 :
8 semaines après la mise en eau.

07/11/2004 : 9 semaines après la mise en eau.

09/11/2004 : après deux jours de filtration sur charbon.

17/11/2004 : un résultat notable après 2 jours de noir complet.

05/12/2004 : l'eau claire... à nouveau !

Comment suis-je arrivé à résorber complètement le problème ?
En fait, je ne sais pas trop ! ;)
Certainement l’addition de plusieurs solutions.

Tout d’abord, j’ai réduit l’allumage de mon tube T5 qui - pour l’instant - reste le coupable désigné de cette prolifération d’algues. Arrêt complet dans un premier temps, puis utilisation 4 heures par jour, puis 6 heures par jour actuellement.

J’ai complété par une méthode naturelle : l’utilisation de daphnies. Ces petites bêtes se régalent des algues unicellulaires et m’ont été conseillées comme très efficaces. Seulement, les poissons mangent les daphnies ! Comme il n’était pas possible pour moi de sortir les poissons, j’ai donc bricolé une sorte de cage à requin pour mes petites ouvrières avec un cylindre en plastique obtenu à partir d’une bouteille de coca et une chaussette de filtration. Sylvain m’a fourni une petite colonie initiale (merci à lui). Au bout de quelques jours, cela grouillait dans la cage ! Pendant ce temps-là, l’eau s’éclaircissait. Puis la colonie s’est résorbé à mesure que l’eau s’éclaircissait encore.


Vu du haut : la chaussette est simplement fixé à un coin du bac.

Vu de devant : l'échange a lieu par le bas.

Enfin, j’ai récemment introduit dans mon filtre de l’argile sepiolite (une litière pour chat) qui semble avoir la propriété de clarifier l’eau (un peu comme le charbon actif) et dont j’avais lu un possible effet sur l’eau verte. C’était plus pour essayer qu’autre chose. En tout cas, le résultat est là.

Pendant toute cette période, j’ai fait des changements d’eau finalement modérés (20 et 25%) mais j’ai filtré finement avec du JBL SymecMicro changé très régulièrement.

J’ai également testé le CO2 artisanal ces dernières semaines mais cela n’est pas censé avoir d’effet sur l’eau verte.

Je ne crie pas victoire tout de suite : je préfère surveiller cela de près quelques temps encore. Mais je suis quand même très satisfait du résultat actuel. Allez, pour le plaisir, je vous le remets ! ;)


05/12/2004 : l'eau claire... à nouveau !

Toute l'histoire :
- J + 9 semaines ! eau trouble !
- Eau trouble (suite)
- Eau trouble (suite encore...)
- Eau trouble : fin !

mercredi, novembre 17, 2004

Eau trouble (suite encore...)

Le diagnostic de mon eau trouble a tardé mais il semble désormais certain : il s’agit d’une prolifération d’algues unicellulaires, problème communément appelé « eau verte ».

A posteriori, cela semble tellement évident que je me demande comment j’ai pu hésiter.
En fait, l’eau ne m’a jamais paru vraiment « verte » : jaune au départ avec la tourbe, puis blanche après l’action du charbon. Ce n’est qu’en regardant un peu d'eau du bac à la lumière du jour (donc uniquement un week-end en ce moment) que j’ai aperçu le fameux reflet vert.
La photo illustrant ce phénomène sur la page consacrée aux algues de l’excellent site de Véronique m’a définitivement convaincu, en mettant en évidence une véritable purée de pois, comme chez moi.

Restaient deux questions fondamentales : pourquoi cette prolifération et comment s’en débarrasser ?

Pourquoi ? Pour l’instant, je penche pour l’ajout du tube T5 de 54W. Mon éclairage serait trop intense par rapport à la végétation du bac et à l’équilibre général actuels. Je vais réduire son temps d’allumage et voir comment cela évolue.

Comment s’en débarrasser ? Le noir, les daphnies ou les UV. Plus changements d’eau massifs et filtration fine (JBL SymecMicro) pour retirer les « cadavres » d’algues.

J’ai commencé par la méthode la plus simple et la moins onéreuse : coupure de l’éclairage et couvertures sur l’aquarium pour obtenir quelques jours de noir complet.


07/11/2004 : 9 semaines après la mise en eau.

09/11/2004 : après deux jours de filtration sur charbon.

14/11/2004 : noir complet

17/11/2004 : un résultat notable

Le résultat est visible après deux jours et demi : le brouillard s’est transformé en légère brume. Mais difficile de continuer plus longtemps sans risquer d’abîmer les plantes, voire de perturber mes écailles.

Le traitement par les daphnies exige de retirer les poissons, sinon le festin d’algues devient un festin de daphnies. Je vais essayer de bricoler un système qui protégerait ces bonnes ouvrières (avec une bouteille et une chaussette de filtration) pour voir ce que cela donne, même si cela risque d’en diminuer l’efficacité.

Restent les UV qui semblent avoir un effet radical (voir ce fil de discussion sur ForumAqua). Mais cela m’ennuie pour l’instant d’acheter une lampe UV pour m’en servir quelques jours.

A suivre encore...

PS : Merci à Pierre qui m’a bien guidé sur ce problème et à Nico qui me propose un plan pour un prêt de lampe UV.

Toute l'histoire :
- J + 9 semaines ! eau trouble !
- Eau trouble (suite)
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samedi, novembre 13, 2004

Filtration et masses filtrantes

Comme expliqué dans l’article « Filtration : les filtres », tous les filtres obéissent au même principe : l’eau sale est prélevée dans le bac, elle passe à travers différentes masses filtrantes aux propriétés et rôles différents, et enfin elle retourne propre dans le bac.
Le travail de filtration proprement dit est réalisé par les masses filtrantes. Sans elles, le filtre ne ferait que faire circuler l’eau.

Les différents types des filtration : mécanique, biologique et chimique

Les masses filtrantes vont retenir les déchets (filtration mécanique), traiter l’eau grâce à des bactéries (filtration biologique), et retenir ou diffuser certaines substances (filtration chimique).
Chaque type de filtration a son utilité et est réalisé par des masses filtrantes adaptées.

Multiplicité et relativité des actions des masses filtrantes

Une masse filtrante peut souvent avoir deux ou trois actions (mécanique, biologique et chimique).
C’est l’action prépondérante qui sera retenue, et qui sera exploitée par un positionnement approprié dans le filtre. La même masse filtrante placée à différents endroits n’aura pas forcément la même action prépondérante.
De plus, le choix de l’action prépondérante sera fait relativement à celles des autres masses filtrantes. Imaginons la masse A bonne en actions mécanique et biologique, et la masse B bonne en action mécanique et très bonne en action biologique : dans ce cas, la masse A sera dédiée à l’action mécanique et la masse B à l’action biologique.

Ces raisons (multiplicité et relativité des actions) expliquent les apparentes incohérences que le néophyte croit déceler : ce qui est vrai dans un cas ne l’est pas forcément dans un autre.

La filtration mécanique

La filtration mécanique a pour but de retenir les particules solides ou non dissoutes en suspension dans l’eau.

Elle est réalisée par des masses filtrantes agissant comme des filets ou des matières poreuses. Les particules sont retenues par deux effets : soit la particule est plus grosse que les « mailles » de la masse filtrante et elle est donc bloquée (filtration en surface ou en support), soit elle est plus petite que les « mailles » de la masse filtrante mais elle va être bloquée en se perdant dans le labyrinthe formé par la masse filtrante et en impactant contre une des surfaces rencontrées (effet de profondeur ou de paroi).
En pratique, c’est ce deuxième effet qui est le plus souvent à l’œuvre.

Les particules étant retenues, elles s’accumulent dans la masse et finissent par la colmater : l’eau ne passe plus (et c’est d’autant plus rapide que l’effet de surface est à l’œuvre). Il faut donc nettoyer régulièrement ces masses filtrantes.

Pour éviter un colmatage trop rapide et des nettoyages trop fréquents, il est conseillé d’utiliser dans le sens de passage de l’eau des masses avec des « mailles » grosses, moyennes et fines : le maximum de particules sera retenu et le colmatage sera retardé.

Les masses filtrantes utilisées pour la filtration mécanique sont : l’ouate, le perlon (comme de l’ouate mais avec une matière synthétique au lieu du coton), les mousses, certaines céramiques (à mettre en tout premier pour retenir les déchets très gros), etc.

La filtration biologique

La filtration biologique a pour but de traiter certaines substances par des bactéries. Il s’agit principalement de mettre en œuvre la phase de nitrification du cycle de l’azote qui va convertir l’ammoniac/ammonium en nitrites puis en nitrates.

Cette filtration va être réalisée par des masses filtrantes qui vont offrir un bon support de prolifération aux colonies bactériennes, tout en laissant circuler l’eau autour et donc l’oxygène nécessaire.

Cette partie ne se salit pas par son fonctionnement : les substances produites (les nitrates) partent avec l’eau. Au contraire, il ne faudrait jamais avoir à nettoyer cette partie, car le nettoyage sera désastreux pour les colonies bactériennes, ce qui pourrait entraîner un déséquilibre du cycle de l’azote.
L’eau qui arrive dans la partie biologique doit donc être la plus propre possible : c’est pourquoi elle est toujours placée après la filtration mécanique.

Les masses filtrantes utilisées pour la filtration biologique sont : les céramiques à forte porosité, les mousses, des substrats très poreux comme la pouzzolane, etc. En revanche, l’ouate et le perlon sont de faible support bactérien.

La filtration chimique

La filtration chimique a pour but de retenir certaines substances dissoutes par une matière selon des propriétés physico-chimiques. On rangera également dans cette catégorie la libération de substances par une matière (par exemple par la tourbe qui libérera des acides humiques).

On trouvera dans cette partie le charbon (improprement dit actif), des résines (anti-phosphates, anti-nitrates, etc) et beaucoup de produits prétendus miracles. Leur action diminue avec le temps car ils se « remplissent » avec les substances qu’ils retiennent.

D’une façon générale, ces produits doivent être utilisés à bon escient et jamais de façon prolongée (sauf pour la tourbe), car souvent il y a des effets indésirables à long terme.

Organisation des filtration et des masses filtrantes

Dans le cas classique des filtres compacts internes ou externes et des décantations internes, il faut mettre en place les filtrations mécanique et biologique, et éventuellement, en cas de besoin, chimique.

L’ordre par rapport au sens de passage de l’eau (haut et bas n’ont aucun sens ici) sera : filtration mécanique, puis filtration biologique et enfin, éventuellement, filtration chimique.

Si le filtre est petit, il faut privilégier la filtration mécanique tout en essayant quand même de dédier une petite partie à la filtration biologique.

Plus de détails sur cette organisation dans l’article « Filtration : un exemple d’organisation du filtre » (à venir).

Voir également « Filtration : les filtres ».

vendredi, novembre 12, 2004

Filtration : les filtres

La filtration est indispensable à l’équilibre du bac et, sans elle, il faudrait changer l’eau presque tous les jours. Le filtre est un peu le rein de l’aquarium : il va recycler et purifier l’eau du bac. Mais à la différence d’un rein, il n’y a pas évacuation des déchets : il faudra le faire à la main lors l’entretien du filtre.
Organe vital de l’aquarium, le filtre ne doit pas être arrêté au-delà de quelques heures.

Le principe des filtres

Tous les filtres obéissent au même principe : l’eau est prélevée, elle passe à travers différentes masses filtrantes aux propriétés et rôles différents, qui vont retenir les déchets (filtration mécanique), traiter grâce à des bactéries (filtration biologique), retenir ou diffuser certaines substances (filtration chimique), et enfin l’eau retourne dans le bac.

Les différents types de filtres

Il existe plusieurs types de filtres, qui ont leurs avantages et leurs inconvénients. Ils sont internes (dans le bac) ou externes (hors du bac). On peut citer en interne le filtre interne compact, la décantation interne, le filtre à exhausteur, le filtre sous sable, et en externe le filtre externe compact, la décantation externe, le filtre semi-humide, le filtre à ruissellement, le filtre sur lit de sable fluidisé.

En général, un aquarium est livré avec un des trois filtres suivants : filtre compact interne, décantation interne ou filtre compact externe.
Les filtres compacts internes et externes se ressemblent : ils sont composés principalement d’une chambre remplie des masses filtrantes à travers laquelle une pompe va faire circuler l’eau. Les versions internes sont à réserver aux petits bacs (jusqu'à 100 litres environ) et les versions externes aux grands bacs (à partir de 100 litres).
Les décantations internes des aquariums en pack (type Juwel ou Ferplast) ressemblent finalement à un filtre interne, mais avec une chambre en plusieurs compartiments. L’appellation me semble en fait impropre dans ce cas et il s’agit plus d’une variété de filtres internes.


Exemples de filtres interne et externe (Rena) et d'une décantation interne (Ferplast)

Les autres types de filtres sont à réserver à l’aquariophile confirmé aimant expérimenter.

Quel filtre choisir ?

Soit votre bac est livré avec un filtre et vous pouvez l’utiliser au moins pour débuter à condition qu’il soit correct et suffisant, soit vous devez choisir votre équipement.

Le meilleur compromis reste le filtre compact externe : facilité d’utilisation et d’entretien, forte puissance et importance du volume utile contre encombrement et risque (quasi nul) de fuites.
Le filtre compact interne est moins esthétique, limité en volume et moins simple d’entretien.
La décantation interne des packs semble plus séduisante car compacte et tout-en-un, mais à la longue elle montre ses limites en volume et en entretien.

Le filtre est caractérisé par sont débit horaire, en litres par heures. Il est recommandé de prendre un débit horaire d’environ 3 fois le volume du bac (par exemple 600 l/h pour un bac de 200 l). En pratique, le débit réel sera plus faible : résistance des masses filtrantes, longueur et propreté des tuyaux, etc. Pour un bac avec de gros pollueurs (comme des poissons rouges, ou des cichlidés), on peut prendre jusqu'à 5 fois.
Inutile de prendre trop puissant : cela va créer trop de remous et peut gêner certains poissons. Veiller à bien casser le flux de rejet dans ce cas.

Le filtre est un organe vital de votre aquarium. Ne faites pas de mauvaises économies : prenez un filtre correctement dimensionné et d’une marque reconnue. La marque Eheim semble plébiscitée, mais d’autres marques ont des produits corrects : Rena, Hagen, JBL, etc.

Pour continuer :
- Filtration et masses filtrantes
- Filtration : un exemple d'organisation du filtre (à venir)

Les 10 règles d’or de l’aquariophile débutant

Voici 10 règles d’or pour tout aquariophile débutant.
Elles évolueront éventuellement en fonction de ma propre expérience et de vos commentaires. Le but est de dégager l’essentiel lors des premiers pas.

Version 1.0 du 12 novembre 2004

1. Toujours bien se renseigner avant d’agir (et d’acheter !).
2. Débuter avec au moins 100 litres (les petits volumes sont moins stables).
3. Soigner la filtration : puissance du filtre et masses filtrantes.
4. Débuter avec au moins 1W d’éclairage pour 3L d’eau.
5. Mettre des plantes (en particulier à croissance rapide au départ).
6. Ne pas mettre de poissons avant 4 semaines (pic de nitrites).
7. Choisir sa population en fonction du volume, de l’eau et des caractéristiques de chaque espèce.
8. Bien introduire les poissons pour une bonne acclimatation et ne pas trop nourrir.
9. Ne pas utiliser de produits prétendus miracles : agissez naturellement sur les causes.
10. Faire de l’entretien et des changements d’eau régulièrement.

N’hésitez pas à poster vos remarques et commentaires.

1. Toujours bien se renseigner avant d’agir (et d’acheter !).
L’aquariophilie n’est pas forcément compliquée, mais il faut maîtriser certaines bases importantes avant de débuter, importantes au sens de criticité, mais aussi de volume, sans se décourager devant des informations paraissant parfois contradictoires. Se renseigner après la catastrophe est toujours dommage !
Les sites web et les forums de discussions sont des outils très utiles pour apprendre, demander et comprendre.
Attention aux vendeurs, dont le métier est de vendre et non de conseiller (certains sont très bien quand même).

2. Débuter avec au moins 100 litres (les petits volumes sont moins stables)
Dans les petits volumes (inférieurs à 100 litres), les équilibres chimiques et biologiques sont plus instables et un accident est vite arrivé. Commencer avec 100 litres au moins, mais plus si possible : un bac n’est jamais trop grand ! ;)
Seule restriction : le budget est quasi proportionnel, autant pour le bac que pour le matériel, le décor, les plantes, les poissons et l’entretien...

3. Soigner la filtration : puissance du filtre et masses filtrantes.
Une bonne filtration est indispensable (mais pas suffisante !) à l’équilibre du bac.
En général, il faut une pompe dont le débit horaire est 3 fois le volume du bac (par exemple pour un 100L, la pompe doit débiter 300L/h). Le choix et l’ordre des masses filtrantes est important pour assurer une bonne filtration mécanique et biologique, voire chimique si nécessaire.

4. Débuter avec au moins 1W d’éclairage pour 3L d’eau.
Il faut un bon éclairage pour les plantes (voir règle 5) : 10 à 12 heures en continu, avec une bonne puissance. 1W pour 3L est considéré moyen et juste suffisant, et 1W pour 2L fort et conseillé.

5. Mettre des plantes (en particulier à croissance rapide au départ).
Les plantes participent aux équilibres chimiques et biologiques, elles offrent des refuges aux poissons et constituent la plus belle décoration d’un bac : elles sont très importantes.
Commencer par des plantes à maintenance facile, dont une bonne part à croissance rapide. Ces dernières contribueront au bon équilibre du bac en concurrençant les algues.

6. Ne pas mettre de poissons avant 4 semaines (pic de nitrites).
Pendant les premières semaines, le cycle de l’azote va se mettre en place, entraînant l’apparition de substances toxiques. La fin de pic de nitrites caractérise la bonne fin de cette phase. Ne pas introduire de poissons avant.

7. Choisir sa population en fonction du volume, de l’eau et des caractéristiques de chaque espèce.
Attention à ne pas surpeupler, ce qui réduit l’espace vital et augmente la pollution. Une règle pour les petits poissons : 1 cm de poisson à la taille adulte (et non la taille actuelle) par litre d’eau. 100 litres d’eau réels permettent d’accueillir une vingtaine de poissons mesurant 5cm à l’âge adulte. Mais certains autres poissons ont besoin d’encore plus d’espace : poissons rouges, scalaires, botia, pleco, discus, etc.
Il faut tenir compte également des paramètres de l’eau du bac (dureté totale : GH ou TH) et pH.
Enfin, il faut tenir compte des caractéristiques des espèces : poissons vivant en couples ou en groupes, poissons territoriaux, poissons de fond, de pleine eau, de surface, etc.

8. Bien introduire les poissons pour une bonne acclimatation et ne pas trop nourrir.
Concernant l’introduction, il faut veiller aux chocs thermique et osmotique. Une méthode : Couper la lumière pour réduire le stress. Mettre le sac dans le bac et laisser 15 minutes afin que les températures s’équilibrent. Introduire alors de l’eau du bac dans le sac, en 4 fois espacées de 15 minutes (à la fin le sac doit contenir plus d’eau du bac que d’eau initiale). Mettre les poissons dans le bac avec une épuisette (ne pas introduire l’eau du sac dans le bac !). Attendre 30 minutes et rallumer la lumière.
Concernant la nourriture, la tendance naturelle est d’en donner trop : les poissons ont toujours l’air affamés ! Mais la nourriture est la première source de pollution du bac. Donner 2 fois par jour une quantité avalée entièrement en deux minutes. Adapter la nourriture aux poissons : nature et composition.

9. Ne pas utiliser de produits prétendus miracles : agissez naturellement sur les causes.
Les marques aquariophiles proposent un grand nombre de produits miracles, censés résoudre de façon magique les problèmes de pH, de pic de nitrites, d’algues, d’eau trouble, d’escargots, etc. Si certains fonctionnent à peu près, c’est souvent sans traiter la cause et au prix d’autres problèmes à long terme.
Quand un problème surgit, il faut surtout en comprendre les causes, pour agir sur elles. Par exemple, une prolifération importante d’escargots est causée par une pollution trop importante. Plutôt que d’introduire un produit qui va tuer plein de choses, il vaut mieux nourrir moins.

10. Faire de l’entretien et des changements d’eau régulièrement.
L’aquariophilie est un travail constant et à longue haleine. Beaucoup de bacs sombrent avec l’intérêt de leurs propriétaires. Un entretien hebdomadaire et des changements d’eau réguliers sont un petit investissement indispensable pour un résultat à long terme.

N’hésitez pas à poster vos remarques et commentaires.

Les 10 règles d’or - commentaires

Cette page est destinée à accueillir vos remarques et commentaires sur les 10 règles d'or de l'aquariophile débutant.

jeudi, novembre 11, 2004

Mise en place du cycle de l’azote : le pic de nitrites

Le cycle de l’azote est extrêmement important (voir article). En aquariophilie, il permet la dégradation des déchets organiques en ammoniac/ammonium, puis en nitrites et enfin en nitrates. Quand le cycle est bien équilibré, les taux des composés intermédiaires (ammoniac/ammonium et nitrites) restent très faibles, ce qui est heureux car ils sont toxiques.

Mais lors du démarrage d’un bac, le cycle doit se mettre en place. En effet, il dépend principalement de bactéries qui doivent d’abord se développer. Cette mise en place va se traduire en particulier par le pic de nitrites.

Mise en place du cycle de l’azote

Au départ, dans le bac, il y a de l’eau, du sable, quelques décors et éventuellement des plantes. Il y a toujours des bactéries qui arrivent, avec choses introduites, ou même par l’air, mais en très faible nombre.

A partir des quelques déchets organiques qui peuvent exister dans le bac, des bactéries et des champignons en charge de l’ammonisation vont se développer et transformer ces déchets en ammonium/ammoniac. Ces composés vont s’accumuler, ce qui va se traduire par une augmentation des concentrations en ammoniac/ammonium.

Ces ammoniac/ammonium vont permettre aux bactéries nitrosomas (ou nitrosomonas), responsables de la nitrosation, de se développer et de les transformer en nitrites, qui vont à leur tour s’accumuler, tandis que les concentrations d’ammoniac/ammonium vont baisser, mettant fin au pic d’ammoniac/ammonium, car les nitrosomas vont les transformer désormais dès leur apparition.

Ces nitrites vont à leur tour permettre aux bactéries nitrobacter, responsables de la nitratation, de se développer et de les transformer en nitrates, qui vont s’accumuler, tandis que les nitrites vont baisser : c’est la descente du pic de nitrites, car les nitrobacter vont les transformer désormais dès leur apparition.

Donc, la fin du pic de nitrites, caractérisée par un retour à zéro de la concentration en nitrites, traduit la fin de la mise en place du cycle de l’azote : toutes les bactéries nécessaires sont désormais présentes, en nombre suffisant, et transforment immédiatement les composés toxiques avant que leur taux ne deviennent dangereux.
C’est pourquoi on s’intéresse tant au pic de nitrites.

Cette mise en place prend un certain temps, car contrairement à beaucoup de bactéries, celles du cycle de l’azote se développent plutôt lentement (tout est relatif : leur population double quand même en quelques heures).
En gros, le pic d’ammoniac/ammonium apparaît au bout d’une semaine, le pic de nitrites entre 2 et 3 semaines et dure quelques jours.
Il ne faut donc pas introduire de poissons avant 3 à 4 semaines dans le bac, ou avant la fin du pic de nitrites si vous pouvez le constater en mesurant régulièrement le taux de NO2 avec un test du commerce.

Favoriser la mise en route du cycle

Comme nous l’avons vu, le cycle débute avec la transformation de déchets organiques, qui vont constituer la « nourriture » des premières bactéries. Un bac en démarrage n’en contient pas forcément, ce qui va retarder le développement des bactéries.
Il est donc conseillé de mettre un peu de « pollution » au départ : vous pouvez introduire la fameuse moule cuite (ou crue d’ailleurs), un bout de viande, ou tout simplement quelques paillettes de nourriture à poissons.
En revanche, la méthode historique qui consistait à introduire quelques poissons supposés résistants dès le départ pour « polluer » le bac, quitte à les sacrifier avec le pic de nitrites, est désormais déconseillée par tout aquariophile qui se respecte.

Les bactéries vont également proliférer plus vite à température élevée (l’optimum étant de 35° pour les nitrosomas et 28° pour les nitrobacter) : 25 à 28° dans le bac aidera donc.
Les processus mis en œuvre par ces bactéries sont également très gourmands en oxygène : il faut donc oxygéner l’eau au mieux.

Eviter de perturber la mise en route du cycle

Certaines actions peuvent potentiellement perturber la mise en route du cycle de l’azote en détruisant les colonies naissantes de bactéries.

Par exemple, il est fortement déconseillé de faire des changements d’eau durant les 6 premières semaines. Déjà, leur utilité serait quasi-nulle. De plus, en retirant de l’eau, ils vont diminuer les bactéries présentes dans le bac, même si ce n’est pas dans l’eau qu’elles sont le plus présentes. Enfin, l’ajout d’eau nouvelle mal préparée peut entraîner l’introduction de chlore qui va tuer des bactéries.

Mais il est encore plus important de toucher le moins possible au filtre car c’est au sein des masses filtrantes que les bactéries vont se développer en grand nombre. Il faut donc éviter d’en retirer ou de les détruire par des manipulations hasardeuses.

Comment ne pas attendre 3 semaines ?

Attendre 3 semaines semble bien long à certains (en particulier aux vendeurs !) et il y a des méthodes pour aller plus vite.

La méthode naturelle consiste à importer des bactéries en provenance d’un autre bac, en récupérant une partie des masses filtrantes ou du sol, qui sont les deux endroits où les bactéries sont les plus nombreuses (et non dans l’eau).

Une autre méthode consiste à acheter des produits. Ceux-ci sont de deux sortes : les activateurs de bactéries et les bactéries proprement dites. Il n’est pas toujours bien facile de savoir la nature exacte et la composition de cas produits. Les activateurs vont principalement favoriser le développement des bactéries, ce qui raccourcira la mise en place du cycle. L’introduction de bactéries est censée permettre d’obtenir toutes les bactéries nécessaires immédiatement. Mais le point faible est la conservation de ces bactéries, que ce soit sous forme lyophilisée ou en ampoule : les bactéries sont fragiles et il se peut qu’elles soient en fait toutes mortes.

Le problème avec l’introduction de bactéries est que vous ne savez pas si ça marche. En effet, si l’introduction fonctionne, il n’y a pas de pic de nitrites. Si elle ne fonctionne pas, il n’y a pas de pic non plus avant les 2 à 3 semaines.

C’est pourquoi, sauf raison d’urgence justifiée, il est recommandé d’attendre 3-4 semaines quand même. Cela vous évitera bien des mauvaises surprises.

Quelques précisions pour ceux qui veulent aller plus loin...

Une autre méthode pour accélérer la mise en route du cycle consiste à introduire de l’ammoniac ou de l’ammonium dans le bac pour passer directement à la deuxième étape. Plus de risques que d’avantages à mon avis.

L’ammoniac inhibe les nitrobacter : tant qu’il y a de l’ammoniac en concentration supérieure à 0,1mg/l, les nitrites ne seront pas transformées en nitrates. L’ammoniac est surtout présent en milieu basique, et l’ammonium en milieu acide, selon l’équilibre : NH4+ <-> NH3 + H+. Lors du démarrage du cycle, cela retardera d’autant plus la mise en action des nitrobacter et donc augmentera la durée et l’ampleur du pic de nitrites. Mais dès que les nitrosomas seront assez nombreuses pour réduire la concentration d’ammoniac à zéro, les nitrobacter commenceront à travailler immédiatement.

mardi, novembre 09, 2004

Eau trouble (suite)

Pour avancer sur mon problème d'eau trouble, j'ai décidé de filtrer sur charbon. Après deux jours de filtration, la coloration jaune/vert a disparu mais le trouble est resté pour l’instant.


07/11/2004 : 9 semaines après la mise en eau.

09/11/2004 : après deux jours de filtration sur charbon.

J’ai l’impression que le trouble s’estompe un peu mais c’est pas vraiment flagrant.
En fait, à première vue, la lumière semble plus diffusée et la visibilité est encore plus réduite. Mais en scrutant attentivement, on croit déceler une très légère amélioration.

La prochaine étape ? Filtrer avec un matériau très fin, genre SymecMicro de JBL ?

Toute l'histoire :
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